Thèbes antique et sa nécropole
Par Les Cousins Migrateurs, mercredi 1 juin 2005 à 17:22 :: Egypte - Thèbes antique et sa nécropole :: #13 :: rss

L'actuelle ville de Louxor et sa région constituent l'un des sites touristiques les plus fréquentés en Egypte. C'est ici que fut bâtie Thèbes, la plus glorieuse des anciennes capitales de l'Egypte pharaonique. Elle connut son apogée en 1580 avant JC, après que le roi thébain Mentouthep conquit toute l'Egypte et l'unifia. Le règne de Thèbes dura six siècles, avant de sombrer dans la décadence puis d'être achevée par les invasions assyriennes, qui mirent définitivement un terme à l'existence de la cité. A 3km seulement de Louxor, nous consacrons une soirée à la visite du célèbre temple de Karnak. Il s'agit du plus grandiose temple égyptien, tant par sa superficie que par la taille des monuments qu'il abrite. Karnak est en réalité plus qu'un temple : c'est un immense complexe dédié au culte du Dieu Amon. La cité de Thèbes vénérait Amon avec une dévotion sans mesure ; le pharaon en personne était le serviteur du Dieu, et s'entoura pour cela de jusqu'à 8000 prêtres (!) pour l'accompagner dans sa tâche. Les pharaons, les uns après les autres, construisaient chacun de nouvelles statues, de nouveaux pylônes... pour marquer de leur empreinte le temple, si bien que Karnak ne cessa d'évoluer et de s'agrandir de 1580 à 1160 avant JC. Pour rompre avec nos habitudes (et pour tenter d'éviter les classiques visites en pleine journée sous un soleil de plomb), nous choisissons de découvrir le temple de Karnak par le biais d'un spectacle "Son et Lumière" en soirée.

On pénètre progressivement dans l'enceinte du temple, suivant les jeux de lumière qui nous guident par étapes à travers les diverses parties du temple, jusqu'au lac sacré. Pendant les 1h30 de spectacle, la construction et la signification des édifices, ainsi que l'histoire de ces lieux, nous sont contés avec une certaine pertinence. Quant aux jeux de lumières, ils sont véritablement réussis et parviennent brillamment à donner à cet endroit toute la dimension de sa splendeur passée, nous plongeant sans peine dans l'univers des temps jadis.
Comme nous en avons pris l'habitude pour chaque site du patrimoine mondial visité, nous tentons de recueillir le point de vue d'un personnage local afin d'enrichir la perception que nous pouvons avoir du lieu. Nous engageons ainsi la discussion avec Saïd et son fils, qui conduisent la calèche (oui, c'est un moyen de locomotion assez classique à Louxor ! Pour touristes certes, mais c'est bien ce que nous sommes n'est-ce pas...?) dans laquelle nous effectuons le trajet aller et retour de notre hôtel au temple. Bien malheureusement, Saïd ne semble s'intéresser qu'à son hypothétique bakchich (pourboire) et ne fait qu'abonder dans notre sens à tout sujet. Bref, discussion pas désagréable mais sincèrement pas très intéressante...
En fait, Louxor dans sa globalité est un endroit où le touriste est véritablement pris pour un pigeon et une vache à lait ; les prix annoncés sont souvent démesurés (y compris par rapport au reste de l'Egypte) et le visiteur étranger ne semble être perçu qu'à travers les sous qu'il est à même de dépenser et les arnaques dans lesquelles il peut tomber... Dans toute cette partie sud de l'Egypte, nous sommes par ailleurs frappés par l'insistance (qui est d'ailleurs souvent à la frontière de l'agressivité) dont font preuve les vendeurs, fixes ou ambulants, qui sont d'ailleurs parfois des enfants. Quasi-impossible de s'en débarrasser avec un "NON" gentil mais clair accompagné d'un sourire (comme nous essayions de le faire les premiers jours), et même le dédain ou la colère ne les découragent qu'après quelques longues minutes (!). Ils vous suivent, vous attrapent par le bras, vous reprochent de ne rien leur acheter,... Aucun de nous deux n'avions encore vécu cela à ce point dans un pays. A côté de ce à quoi nous assistons chaque jour en ce moment, le "harcèlement" que nous avions cru connaître il y a quelques semaines dans les souks d'Istanbul n'était que de la rigolade...!

Le site classé par l'Unesco englobe également la nécropole thébaine, que nous parcourons le lendemain matin. Il s'agit d'une région qui s'étend sur la rive Ouest du Nil et dont les montagnes aux formes naturellement pyramidales pour certaines ont incité les égyptiens de l'époque à choisir ce lieu pour se présenter dans l'au-delà. Y furent enterrés les rois (c'est-à-dire les pharaons), leurs reines, les princes, princesses, hauts dignitaires de l'état, sans oublier les artisans du village de Deir El-Medineh, où habitaient ceux qui creusaient toutes ces tombes. On y trouve également plusieurs temples, mais pour nous la visite sera principalement axée sur la Vallée des Rois, suivie d'une marche dans la montagne nous permettant d’avoir une vue sur la Vallée des Reines et de nous rendre ensuite jusqu'aux ruines du village susnommé.

A l'inverse des temples, les tombes avaient vocation à être discrètes. Dans la Vallée des Rois, ce sont à ce jour 62 tombes de pharaons qui ont été découvertes et les spécialistes sont persuadés qu'il en reste encore à percer à jour. La plus célèbre des tombes est celle de Toutankhamon (découverte en 1922 par Howard Carter), non grâce à la renommée du pharaon mais parce qu'elle fut trouvée intacte alors que toutes les autres furent pillées à travers les âges. La visite de cette tombe n'apporte rien, car tous les trésors qu'elle contenait sont désormais au musée du Caire, le corps momifié n'est pas rendu visible au public et les décorations sont très limitées par rapport aux tombes d'autres rois. Sur les 62 tombes, seules une petite vingtaine sont ouvertes au public, et encore jamais en même temps (pour rénovation, protection contre l'humidité,...), si bien qu'on ne peut pas savoir à l'avance quelles sont les tombes que l'on va pouvoir visiter. Le jour où nous y étions, nous avions la possibilité d'en contempler huit au maximum. Enfin, le ticket de base ne donne accès qu'à trois tombes, et il faut repayer un ticket supplémentaire pour chaque série de trois tombes dans lesquelles on souhaite pénétrer. Et pour compléter le tableau, toute photo est interdite (cf article précédent sur Abou Simbel à ce sujet) dans les tombes. Espérons que toutes ces mesures prises, même sujettes à controverses, auront au moins des conséquences réellement bénéfiques sur le flot touristique et la conservation des beautés et des trésors de cette Vallée... Sur les conseils de notre guide, nous choisissons de visiter les tombes de Ramsès Ier, Ramsès IV et Ramsès IX. Chacune a ses particularités (en termes de dessins, d'époque, de taille,...) et c'est des trois celle de Ramsès IV qui aura le plus retenu notre attention. Le couloir d'entrée, long de 66 mètres, est couvert de textes sacrés et l'on peut également remarquer des traces Chrétiennes (croix gravées sur les murs,...) car la tombe fut utilisée comme église par les Chrétiens au Ve siècle après JC.

La région de Louxor est sans conteste incontournable lors d'une visite de l'Egypte. Grandiose, majestueux,... les mots ne peuvent que manquer lorsque l'on tente de décrire les beautés qu'on y contemple, surtout lorsque, comme nous deux, l'on rêve depuis l'adolescence de découvrir les témoignages de la civilisation égyptienne antique. C'est toutefois au prix fort que l'on paie chaque jour notre statut de touriste. Prix abusifs, photos interdites, harcèlement des vendeurs à chaque coin de rue, enfants vendeurs ambulants ultra insistants, le tout sous un soleil implacable. Louxor, on aime, on admire, on se prend à rêver, mais pour finir on s'en va quand même sans trop traîner.


Commentaires
1. Le jeudi 26 janvier 2006 à 20:16, par Dom
2. Le vendredi 8 décembre 2006 à 13:22, par Florent
3. Le vendredi 27 avril 2007 à 13:14, par claudie
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