Zone de Nature Sauvage de Tasmanie
Par Les Cousins Migrateurs, dimanche 23 octobre 2005 à 04:25 :: Australie - Zone de Nature Sauvage de Tasmanie :: #30 :: rss

La Tasmanie constitue l'un des états australiens. Il s'agit d'une île située au Sud-Est du pays, à une petite heure d'avion de Melbourne ou encore une nuit de bateau. Le climat tempéré et le peu d'habitations font de la Tasmanie un endroit rêvé pour les amoureux de la nature, du calme et des ballades à pied ou à vélo. Tandis que la côte Est nous a révélé de magnifiques plages et une eau cristalline dans laquelle nous nous sommes régalés en plongée sous-marine (dans une eau à 12 degrés tout de même...), c'est l'Ouest de l'île qui présente le site classé par l'Unesco, la "Zone de Nature Sauvage de Tasmanie". Ce site fut tout d'abord inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1982 puis renommé et légèrement modifié en 1989 (incluant notamment une superficie accrue).

Cette zone, immense par rapport à la taille de la Tasmanie (plus d'un million d'hectares), est principalement constituée de paysages forestiers et montagneux découpés en plusieurs parcs nationaux. Le plus célèbre d'entre eux est celui de Cradle Mountain - Lake St Clair que chaque année des centaines de randonneurs parcourent du Nord au Sud (ou inversement) en suivant la piste "Overland track", en six jours de marche habituellement. Nous n'avons pour notre part ni le temps ni l'équipement nécessaire à ce type d'aventure. Nous débutons toutefois la découverte de ce parc national par une randonnée d'une demi-journée dans les environs de Cradle Mountain, au Nord de la Zone de Nature Sauvage donc. Sans guide mais toutefois armés d'un GPS (plus une sécurité qu'une nécessité, les pistes étant finalement assez bien indiquées), nous longeons tout d'abord le lac Dove avant de grimper jusqu'en bordure de la crête de montagnes qui avoisinent le mont Cradle. Nous ne sommes qu'à 1300 mètres d'altitude environ (une bonne grimpette tout de même !) mais il subsiste ici et là des plaques de neige résistant au printemps tasmanien. La température reste toutefois bien supportable et le temps magnifique de cette journée nous offre les meilleures conditions pour marcher.

Au cours d'une randonnée qui n'aura finalement duré que quelques heures, nous avons pu découvrir une quantité de paysages et une variété de végétation absolument stupéfiantes. Outre les lacs et les montagnes, nous traversons également une forêt couverte de mousses et parcourue par de petits cours d'eau, le décor est véritablement digne des plus belles "forêts enchantées" hollywoodiennes... L'une des principales raisons de l'inscription de ce bien à la liste du patrimoine mondial est la particularité de sa flore, de sa faune et de ses caractéristiques géologiques. Cette région de Tasmanie reste l'un des rares lieux de la planète présentant encore des forêts pluviales tempérées et recèle des richesses naturelles ayant disparu du reste du globe. Une trentaine d'espèces animales y sont endémiques ; par ailleurs les nombreuses glaciations qu'a subi cette zone au cours du temps ont créé des paysages caractéristiques incluant notamment de profondes gorges. Enfin, certains sites archéologiques aborigènes témoignent d'une occupation datant de 20 000 ans et constituent la richesse culturelle du site.

La classification de ce site par l'Unesco permet entre autres de protéger les espèces animales et végétales menacées, mais également de veiller au maintien de cette réserve de la biosphère face aux menaces humaines. La ville de Queenstown, à l'Ouest de l'île, permet d'illustrer de façon tout aussi triste qu'évidente les dégâts qui peuvent être facilement causés dans une région à l'équilibre aussi fragile. La découverte d'or, puis de cuivre dans la région engendra à la fin du XIXe siècle la création de gigantesques mines ; une grande partie de la forêt fut déboisée pour nourrir en bois les machines d'extraction, et la pollution due aux fonderies de cuivre tua littéralement ce qui n'avait pas encore été ravagé dans les environs. Les fonderies furent fermées en 1969 et la végétation semble aujourd'hui péniblement refaire surface sur les sols contaminés.

Nous avons passé au total quatre jours dans la Zone de Nature Sauvage de Tasmanie et ses alentours. Le temps pluvieux des deux dernières journées a quelque peu réduit notre ardeur quant aux longues randonnées ; nous avons tout de même effectué quelques belles marches notamment le long du lac st Clair (arrivée Sud de l'Overland track). L'avantage d'avoir loué une voiture nous a permis de sillonner la route qui serpente entre les deux autres parcs nationaux principaux de ce site du patrimoine mondial : le Franklin-Gordon Wild Rivers National Park et le Southwest National Park. Dans une atmosphère emplie de brume et d'une fine pluie, nous avons pu y découvrir là encore des montagnes dressées au coeur de forêts denses, les longues rivières qui les parcourent faisant entre autres la joie des amateurs de rafting.

La gestion du tourisme nous a semblé ici aussi bien organisée que réglementée ; des centres de renseignements pour les randonneurs et autres intéressés sont implantés aux entrées de chaque parc et chaque piste est bien indiquée tout au long du trajet, sans pour autant dénaturer le paysage. L'aspect mercantile n'est pas oublié puisque des souvenirs et autres vêtements de marche sont en vente dans chacun de ces centres et qu'un droit d'entrée relativement élevé (à notre goût du moins...) est exigé dans chaque parc national (un "pass" pour tous les parcs étant toutefois disponible pour les marcheurs acharnés). Un panneau nous précise que tous les bénéfices liés à ces ventes et permis sont intégralement reversés dans la conservation et protection de cette zone de nature exceptionnelle.

C'est sans inquiétude que nous quittons ce dernier site du patrimoine mondial visité en Australie ; une fois encore les mesures entreprises par ce pays pour prendre soin de son patrimoine culturel et naturel semblent exemplaires et durables. La Tasmanie nous a conquis par la pureté de ses paysages ; la nature témoigne ici des âges anciens de notre planète et nous enseigne autant qu'elle nous envoûte, dans le calme, la beauté et l'authenticité.


Commentaires
1. Le lundi 27 mars 2006 à 20:20, par Thiébaut
2. Le vendredi 7 avril 2006 à 18:09, par vavette
3. Le mardi 30 janvier 2007 à 09:32, par Skyy
4. Le samedi 3 février 2007 à 18:17, par Sue
5. Le samedi 28 juillet 2007 à 00:02, par beat
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