vendredi 6 mai 2005
Parc national de Goreme
Par Les Cousins Migrateurs, vendredi 6 mai 2005 à 11:59 :: Turquie - Parc national de Goreme

Pour prendre la mesure de l'étendue et de la beauté des environs de Goreme nous avons décidé de survoler cette région en montgolfière. Le spectacle est à couper le souffle et on comprend pourquoi Goreme est le site le plus fréquenté du centre de la Cappadoce. Le paysage de ce plateau est du à l'érosion naturelle qui a fait naître une architecture fantastique de tours, de dômes, de flèches et de pyramides. Geert, natif de Belgique et pilote de notre ballon, nous confie que parmi les nombreux endroits du globe qu'il a eu la chance de survoler au long de sa carrière, la Cappadoce est sûrement l'une des régions qu'il ne se lasse pas d'admirer.

Refuge contre les persécutions Romaines et Arabes, cette région abrite de nombreux villages creusés dans le tuf. On y trouve grand nombre de puits, logis, greniers et églises dans une véritable unité troglodytique unique au monde. Occupée par une activité monastique dès le IVème siècle, la Cappadoce se creuse d'églises rupestres richement décorées dont celles de la vallée de Goreme à partir du IXème siècle. Dans une mesure moindre comparée à Pamukkale, la région a souffert du tourisme de masse avec une érosion trop rapide de certaines structures et un certain degré de vandalisme. Depuis que l'Unesco a classé ce site en 1985, la mission est de sauvegarder ces fragiles édifices de toute forme de dégradation, naturelle ou provoquée.

Nous avons eu la chance de rencontrer Bilal, 3ème génération d'une famille de fabricants de tapis Turc. Etablie à Goreme depuis 35 ans, son affaire familiale a vécu l'avènement du tourisme dans la région. Bilal admet volontiers que la réputation grandissante de Goreme depuis les années 80, synonyme d'un tourisme toujours plus important, a contribué au développement de la ville et donc à sa modernisation (électricité, eau courante etc.). Cependant il regrette amèrement la venue de commerçants étrangers à Goreme attirés par le potentiel évident du site. Il a vu son village se transformer et se dégrader pour devenir progressivement une ville à touristes. Plus encore, il assiste à la perte de son patrimoine culturel lié à la fabrication des tapis, certains vendeurs fraîchement établis en dénaturant l'essence (autrefois faits par une famille pour son usage propre) et en dégradant la qualité de fabrication. L'inquiétude de Bilal nous semble justifiée quand nous constatons par nous-mêmes que malgré les mesures de l'Unesco, les structures touristiques (hôtels, commerces etc.) sont toujours omniprésentes au sein même de cette architecture naturelle si belle et si fragile.

