Thomas Fersen est né à Paris le 4 janvier 1963. A quatorze ans, sa mère lui offre une guitare. Seize ans plus tard, son premier opus « Le bal des oiseaux » est couronné aux Victoires de la Musique. En dix ans et cinq albums, tous disques d’or, Thomas Fersen s’est inventé un style qui ne ressemble qu’à lui. Ancien punk formé aux Clash, diplômé en électronique, cet auteur, compositeur, interprète fabuliste est un homme de bons mots héritier de l’humour vachard de Gainsbourg ou de Bobby Lapointe. Sur des ambiances intimes et jazzy, doté d’une voix délicatement enrouée, il plaque de douces musiques légères humoristes à souhait. Grand amateur d’animaux extravagants, du papillon à la blatte, de ronds de carottes et de femmes tout en rondeur, Fersen est l’ambassadeur d’un monde qu’il est le seul à savoir décrire. Qualifié de « Jean de La Fontaine » de la chanson française, il fait figure d’artiste à part avec ses chansons sans âge en forme d’inventaire à la Prévert.
Le chanteur met les petits plats dans les grands pour une « Pièce montée des grands jours », son nouvel album. Sur la pochette, signée Mondino, il se présente une tête de porc coincée entre les cuisses. Onze chansons, raffinées et gourmandes, mettent en scène un polochon consolateur, un musicien trouillard, une araignée énorme dans un harmonium, un croque-mort morfal, une leçon d’évasion (en cachant une lime dans le pâté en croûte) chantée en duo avec Marie Trintignant… Précurseur de la nouvelle vague des chanteurs français -Vincent Delerm en tête- avec une légèreté coutumière, des mélodies alertes, Thomas Fersen est aussi un excellent pâtissier. Un disque à croquer bon comme un dessert. |